Même titre, même réalisateur, mais pas les mêmes acteurs. De quoi semer le doute chez les fans qui découvrent la série Netflix The Gentlemen après avoir vu le film de 2019. Alors, quel est le vrai lien entre les deux ? On a creusé la question.
Sorti en 2019, le film de Guy Ritchie mettait en scène Mickey Pearson, baron du cannabis interprété par Matthew McConaughey. Quatre ans plus tard, la série Netflix change totalement de visage, sans pour autant couper les ponts avec cet univers. Pas de suite, pas de remake, mais un vrai fil conducteur, parfois évident, parfois beaucoup plus discret.
Un même monde, pas les mêmes personnages

Aucun acteur du film ne revient dans la série. Ni Matthew McConaughey, ni Charlie Hunnam, ni Michelle Dockery, ni Colin Farrell. Theo James, Kaya Scodelario et Ray Winstone prennent leur place avec des personnages entièrement nouveaux. Sur Tudum, le site officiel de Netflix, c’est justement ce que confirme Guy Ritchie : la série montre un nouvel aspect du monde créé dans son film de 2019, avec des personnages totalement différents, mais le même mordant. Bref, un univers commun, pas une continuité directe.
Le miroir renversé : d’un baron à un aristocrate
Le vrai point commun se niche dans la construction même de l’histoire. Dans le film, Mickey Pearson cultive son cannabis sur les terres d’aristocrates anglais, ravis de toucher un loyer pour entretenir des domaines qui coûtent une fortune.

Dans la série, la caméra change de camp : Eddie Horniman hérite du domaine familial et découvre que ses propres terres servent justement à ce genre de trafic, orchestré cette fois par Bobby Glass et sa fille Susie. Même logique, sens inversé. Petit clin d’œil au passage : Eddie devient le 13e duc de Halstead, ce qui lui a d’ailleurs valu quelques confusions dans la presse anglophone, certains l’appelant par erreur « Eddie Halstead ».
Les clins d’œil qui ne trompent pas
Au-delà de la structure, plusieurs détails confirment que film et série appartiennent bien au même monde. Les deux citent exactement la même variété de cannabis, la « White Widow Super Cheese ». Chacun a son bras droit taiseux qui règle les problèmes à la place du patron : Raymond dans le film, Stevens dans la série. Une femme dirige un garage dans les deux histoires, Rosalind dans le film, Mercy dans la série. Même les entreprises de façade se ressemblent, puisque les deux utilisent le secteur de la pêche pour blanchir leurs activités. On retrouve aussi une scène d’empoisonnement façon interrogatoire, et une séquence d’humiliation filmée pour faire pression sur quelqu’un. Jusqu’à la philosophie du récit : le film parle de loi de la jungle, la série compare son monde à un zoo qui devient une jungle.
Ce qu’en disent Guy Ritchie et le casting
Interrogé par RadioTimes, Daniel Ings, qui joue Freddy Horniman, résume bien l’esprit de la démarche : la série partage l’ADN du film, reprend son idée de gangsters s’associant à une aristocratie fauchée mais chargée de terres, et la développe sur toute une saison.

Max Beesley, qui interprète Henry Collins, va dans le même sens : selon lui, seule la drogue reste vraiment le point commun, le reste appartenant à une histoire totalement différente. Pas besoin, donc, d’avoir vu le film pour suivre la série. Mais pour les spectateurs qui connaissent les deux, le plaisir est différent : celui de repérer, dans les coins, un monde qui continue de tourner sans jamais se répéter. Et avec la saison 2 déjà commandée, cet univers est loin d’avoir livré tous ses secrets.
